La
Quadragénaire
Le
05 juillet 2002, quarantième anniversaire de l'Indépendance
un événement qui interpelle actuellement une nation
en quête de repères. Une date qui rappelle qu'autre
fois sur cette la terre des libres, des Femmes libres ont enfanté
des Hommes libres, et des Hommes libres ont donné leurs vies
pour édifier un pays libre. Un pays qui s'est complètement
métamorphosé, il est même devenu méconnaissable,
nécrosé par des décennies de pratiques mafieuses;
les brûlures de l'âme et du cur face au spectacle
sont intolérables.
Pour ceux qui se sont toujours sacrifiés et connaissent le
coût très chèrement versé pour l'indépendance,
il est impossible d'admettre que l'Algérie soit réduite
à cet état de décadence. Mais d'un autre côté,
c'est presque naturel, puisque les décideurs qui ont mené
l'Algérie à la faillite n'ont fait qu'exécuter
scrupuleusement une mission dont ils ont été investis
depuis la fin des années cinquante. L'indépendance,
ils n'y ont jamais cru,
ls l'ont farouchement combattu.
L'Algérie
quadragénaire est plaintive, malade de ses dirigeants qui
ont obscurci la magnificence de son histoire et profané la
mémoire de ses martyrs. Toutes les institutions de l'Etat,
sans exception aucune, sont gangrenées par la corruption,
le parrainage et tous les vices que peut cultiver un Etat insidieux,
un Etat mafieux qui régit tous les pouvoirs. Du législatif
à l'exécutif rien n'a été laissé
au hasard et un verrouillage parfaitement étanche du système
a été opéré.
Mais le plus extraordinaire encore est la manuvre diabolique
mise en place pour le contrôle des masses ; en plus du matraquage
médiatique et le bourrage pseudo nationaliste quotidien,
c'est sans doute par les besoins vitaux journaliers qu'est exercée
la plus grande pression. Le peuple condamné dans l'humiliation
la plus absolue à se procurer le strict minimum est terriblement
affaibli et est ainsi mis à l'écart de ce qui se conspire
au sommet.
Les
généraux majors ont tissé une toile infernale
réalisée d'éléments méticuleusement
répartis au sein de l'appareil de l'Etat. Ces vénaux
confortent et protégent le pouvoir occulte des chefs et jouissent
en échange dans une totale impunité de privilèges
et trafics en tout genre. De la sorte, l'Algérie dominée
par ce groupe de généraux décideurs est entièrement
prise en possession. L'armée nationale populaire trompée,
trahie est malheureusement devenue de surcroît un outil de
répression entre leurs mains. Elle est utilisée comme
un bouclier contre tout soulèvement ou contestation qui viendrait
désavouer leur autorité.
Depuis plus de dix ans, profitant du pouvoir absolu, les généraux
génocidaires ont fait de Algérie un pays en état
de délabrement très avancé, caractérisé
par une économie sclérosée, une population
tyrannisée et paupérisée. Un territoire meurtri
où les libertés fondamentales sont bafouées
(presse et partis politiques bâillonnés), où
sévissent barbarie, corruption et injustice. L'administration
de la population et des institutions de l'Etat se fait par le fer
et le feu.
Cette stratégie à géométrie variable
où tous les moyens sont permis a pour seul objectif d'assurer
la pérennité du système. Le général
Smain Lamari en a apporté une esquisse lors d'une réunion
des cadres de l'ANP en déclarant qu'il était prêt
à sacrifier 3 millions d'Algériens pour "rétablir
l'ordre". Ils sont prêts à tout pour sauvegarder
le système mafieux qui permet à la caste dirigeante
de l'armée de s'arroger tous les droits et de s'offrir tous
les privilèges.
La
rue algérienne est pleine de gens simples pour qui le quotidien
est une bataille sans fin et les questions qui les tourmentent sont
:
De quel droit ces généraux se permettent-ils de telles
libertés ?
Pourquoi se sont-ils appropriés l'Algérie ?
Pourquoi considèrent-ils qu'eux seuls aient le droit de gouverner
et décider pour tout un peuple ?
De quel droit estiment-ils que le peuple algérien ne soit
pas mûr ou assez cultivé pour comprendre les rouages
de la gouvernance ?
Qui leur a donné un permis pour tuer, torturer, violer et
massacrer au nom du peuple ?
Qui a mandaté Lamari Mohamed, le plus gros chef d'Etat major
du monde, le droit de commander notre armée ?
Comment se fait-il que ces mêmes généraux et
beaucoup de leurs disciples ont pu avec leurs soldes de militaires
comme unique revenu bâtir des fortunes colossales et se construire
des palaces qui se surpassent dans leurs splendeurs ?
Est-ce qu'ils comptent vivre assez longtemps pour profiter de leurs
butins ?
Pour
nous officiers, les interrogations sont encore plus poignantes et
nous nous demandons aussi gravement:
Comment est ce que des chefs en qui nous avions confiance, que nous
avions cru, suivi aveuglement jusqu'au bout ont pu au nom du devoir
nous utiliser aussi lamentablement, nous manipuler, et même
éliminer ceux qui devenaient embarrassants parmi nous, comme
se fut le malheureux sort de centaines d'officiers intègres
?
Comment
est ce que des officiers qui clament et prétendent être
les défenseurs de la Nation ont pu intégrer les bancs
de la trahison ? Le cas du général Mohamed Mediene
alias Toufik est sans nul doute le plus frappant, il n'est pas le
seul malheureusement, d'autres aussi se reconnaîtront !
Comment
est ce que des officiers catalogués depuis des lustres par
les services de sécurité algériens (La SM)
comme ''Harkis'', traîtres avec preuves à l'appui,
ont pu accéder à de hautes fonctions et se retrouver
au cur de l'Etat
?
La liste est tellement longue qu'en fin de compte les Belkheir,
Lamari, Touati et autres hommes de l'ombre qui scellent les commandes
de l'Etat sont non seulement une honte mais une atteinte à
la dignité de tout Algérien et une humiliation sans
pareil à l'Algérie profonde, celle qui a été
le berceau de la révolution.
Par le Feu, par le Fer
L'intégrisme
n'est pas uniquement islamiste, il est dans le refus d'écouter
les autres et prendre en considération leurs points de vues.
Il est dans toutes les actions que les hommes du sérail ont
engagé pour mener à terme leur mission.
L'Algérie à feu et à sang ne peut que favoriser
l'injustice et les abus de toutes sortes. Les commanditaires de
ce gâchis font de la rébellion sanglante qui secoue
l'Algérie un jeu politique immonde où les vies humaines
ne comptent plus.
Depuis plus d'une année des jeunes Algériens en Kabylie
ont dénoncé la dictature et la mal-vie, une rébellion
qui a été réprimée dans le sang ; et
depuis c'est toute l'Algérie qui veut régler ses comptes
avec les détenteurs du pouvoir qui ont posé une fin
de non recevoir aux doléances légitimes d'une population
en détresse.
Qu'un, mille, deux cent cinquante mille ou trois millions d'algériens
soient massacrés n'est point important ; les généraux
ne s'embarrassent pas de ces détails. Depuis des décennies,
ils ont opposé les Algériens entre eux en créant
des tensions fictives et en fabriquant des menaces diverses : communistes,
islamistes, berbéristes
etc. Ils ont subsisté
en insufflant la haine et la xénophobie : diviser pour mieux
régner est un vieil adage qui est devenu leur charte.
Ce stratagème qui use islamistes et berbéristes ;
bref le peuple algérien en général, n'a qu'un
seul objectif : la création d'un climat d'insécurité,
de peur et de tension permanente pour détourner les regards
sur ce qui se passent ailleurs.
Ailleurs, c'est SONATRACH et les puits de pétrole.
Exactement
comme la France souhaitait le faire en 1958, le général
De Gaulle proposait l'autodétermination au Nord de Algérie
en échange du maintien sous contrôle du désert
algérien par la France. Heureusement que la vigilance du
FLN et de l'ALN avait fait échec à cette manuvre
; le peuple algérien réclamait l'indépendance
de l'ensemble du territoire national.
Cela n'a été acquis que quatre ans plus tard, entre
temps une certaine promotion Lacoste avait vu le jour, et les pseudo-déserteurs
de l'armée française se retrouvent aujourd'hui à
la tête du pays pour exécuter les desseins que la France
coloniale n'avait pu réaliser.
L'intégralité de notre pays est aujourd'hui menacée
par les affairistes de l'ombre qui ont chargé l'agent Nourdine
Boukrouh de morceler et vendre l'Algérie. Le Boukrouh de
toutes les traîtrises a accepté de bon cur la
mission de la honte que l'ex. premier ministre Ahmed Benbitour a
honorablement refusé. Quand arrivera l'heure de répondre
de ses actes, aucun des acteurs de cette calamité n'échappera
à la justice ! Une promesse faite par le sang sacré
des Chouhadas !